Films


Joris Guibert – 2024 – 9mn20
[ found footage numérique – datamoshing ]
Sélection officielle festival du film documentaire Ji Hlava 2025 (République Tchèque)

 

 

Sélection Les instants vidéo 2025 (festival international d’art vidéo depuis 1988)

Critique (programmateur du festival Ji Hlava) :

« L’œil d’une caméra thermique dans la nature sauvage ne manque pas un seul battement de cœur. Mais qui détermine son regard, et comment transforme-t-il les possibilités de la vision et façonne-t-il les désirs ? L’asymétrie créée par cette vision « amplifiée » s’accorde facilement aux structures du pouvoir et se traduit dans le langage de la brutalité. Ce found footage hommage à Harun Farocki, compose des plans fantômes pris depuis les airs et depuis le sol – provenant de vidéos de chasse, d’enregistrements de la police et de vidéos d’opérations militaires, ainsi que de matériel promotionnel de fabricants de technologies – pour former une réflexion visuelle sur le regard et le contrôle. »

« Dans les années 1920 aux États-Unis, les enregistrements cinématographiques pris depuis une position qu’un être humain ne peut normalement pas occuper étaient appelés des plans fantômes… Nous pouvons interpréter le film qui adopte la perspective de la bombe comme une image fantôme subjective. » — Harun Farocki, Phantom Images



 
Joris Guibert – 2023 – 4mn40
[ prise du vue numérique – datamoshing – glitch ]
 
 

 
 
 
 Critique presse :

« Confusion dans le détail, diffusion dans l’ensemble ; c’était toute la quantité de contour et de relief qui peut s’ébaucher dans la nuit. L’effet de profondeur et de perte du réel était terrible. Et cependant le réel était là. »

Cela me fit penser à la vidéo Datavision (4 min 40 sec – 2023) de Joris Guibert que je venais de découvrir. Sur un fond noir se déploient des volutes bleutées qui pourraient être de la fumée ou de légers tissus au vent accueillant des rosées de lumières oranges ou vertes. Peut-être des éclats de soleil que la nuit a gardés en mémoire. Ou bien, est-ce la forme que pourrait prendre le rien qu’évoque Victor Hugo ? Danses des courbes de plus en plus vives. Dérives des matières d’abord informes qui s’agglutinent, se séparent, s’organisent et livrent parfois des compositions géométriques que l’on croit reconnaître. Nous accostons au ciel, puis un magma aquatique. Matières et couleurs deviennent plus compactes. La réalité se perd et se retrouve comme un regard égaré dans une forêt dense, fleurie, où la vidéo nous entraîne pour finir.

Turbulences autour d’un livre de Annie Lebrun
par Marc Mercier, Turbulences Vidéo n°121

Synopsis

synopsis datavision


 
 
SPECTRE ELECTRONIQUE
meta-mutation filmique

 

essai vidéo sur le fantôme dans le cinéma de l’ère électronique
[ Joris Guibert – 2022 – 74mn ]

 
lire la vidéo sur Youtube
Depuis les années 80, beaucoup de fantômes utilisent la technologie vidéo pour apparaître (par le téléviseur, la caméra vidéo, la cassette VHS…). Ce film explore pourquoi l’image électronique peut manifester des spectres. Par un dialogue d’images, il interroge ainsi le passage de l’analogique au numérique, de l’image chimique à l’image électronique, de la pellicule à l’algorithme. Les films analysés expérimentent les puissances du cinéma à travers tous ses dispositifs : la caméra, l’écran, l’image, le montage… Et ils posent deux questions essentielles : est-ce que le numérique change l’écriture ou la nature du film ? Est-ce que la technologie influence l’expérience du spectateur ?
En un mot : ausculter la mutation du cinéma en vidéo.

Films analysés : 

Poltergeist (T.Hooper 1982) – Ring (H.Nakata 1998) – Kairo (K. Kurosawa 2001) – Avalon (M.Oshii 2001) – Docteur Mabuse le joueur (F. Lang 1922) – Robocop (P. Verhoeven 1987) – Lost Highway (D. Lynch 1997) – Le tube (P. Entell 2003) – Videodrome (D. Cronenberg 1983) – Paranormal Activity (O. Peli 2009) – Unfriended (L. Gabriadze 2014)


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