Cycle « Cinéma numérique : nouvelles écritures ? »

 

 

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Depuis le début du XXIème siècle, l’industrie du cinéma a massivement abandonné le celluloïd au profit de l’image électronique : en un sens il est devenu de la vidéo. Certains cinéastes (Quentin Tarantino, Christopher Nolan…) revendiquent pourtant l’analogique et continuent de tourner en pellicule. Caméra fluide aux mouvements improbables, effets spéciaux hyperréalistes… sont-ils les seules possibilités du numérique ? Cette technologie invente-t-elle une nouvelle écriture, ou peut-elle contribuer à enrichir le langage cinématographique ?

Ces conférences examinent ces questions à partir d’analyses de différents films.

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1. Quand le cinéma pense la vidéo

Au milieu du XXème siècle la vidéo, avec la télévision, envahit les foyers et très vite tout le champ social et culturel. L’image-mouvement du cinéma (photochimique, ritualisée, géante) a désormais une autre nature : électronique, petite et intime. Elle réforme les conventions de regard et d’écriture, transforme l’expérience du spectateur. Hésitant entre fascination et répulsion, le cinéma n’aura de cesse d’examiner ce nouveau medium, pressentant qu’il bouleversera bientôt son existence.

FILMS ÉTUDIÉS : 

 La guerre des mondes (Byron Haskin, 1953)
 Videodrome (David Cronenberg, 1983)
 Robocop (P.Verhoeven, 1984)
 Ringu (Hideo Nakata, 1998)
 Miami vice (Michael Mann, 2006)
 Double take (Johan Grimonprez, 2010)

 

 2. Quand la télévision pense la vidéo

A partir des années 1950, la télévision naissante s’interroge sur la nécessité d’un langage spécifique, différent de celui du cinéma. Les studios de l’école des Buttes Chaumont édictent des règles de réalisation : le plan large passant mal sur le petit écran, le gros plan devient alors la norme. Le réalisateur Jean-Christophe Averty révolutionnera ces conceptions, considérant l’image électronique pour ses potentialités plastiques et expressives. Au même moment que les pionniers de l’art vidéo, ce « téléaste » revendique ainsi la création d’un nouveau langage audiovisuel. Il explore des techniques et des machines avec ses ingénieurs : mixage, trucage, incrustation, instantanéité de la vidéo sont réinventés pour créer une poésie électronique. Son esthétique de l’image composite (inspirée du collage dadaïste) déterminera toute l’esthétique télévisuelle jusqu’à nos jours.

 

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ŒUVRES ÉTUDIÉES

- Verts pâturages (adaptation de la comédie-ballet éponyme, 1964)
- Ubu Roi (adaptation de la pièce de théâtre éponyme,1965)
- Alice au pays des merveilles (adaptation du roman éponyme,1970)
- Fragson, un roi du Caf’Conc’ (fiction biographique,1969)
- Melody Nelson (vidéoclip, 1971)
- Alfred Jarry (documentaire, 1995)

 

 

3. La chair de l’image :

le cinéma de genre ausculte sa mutation numérique

Tout film de fantôme énonce le pouvoir du cinéma : faire revivre les morts. La figure du zombie (seul mythe moderne selon Deleuze et Guattari), corps réduit au mécanisme mobile, renvoie à l’illusion de mouvement du dispositif cinéma. Aujourd’hui certains films utilisent cette figure pour penser la mutation numérique. Cette conférence examine la corporéité de l’image cinéma, les potentialités picturales et expressives du celluloïd désormais reformées par l’image numérique

FILMS ÉTUDIÉS : 

 Dawn of the dead (Zack Snyder, 2004)
 Death Proof (Quentin Tarantino, 2007)
 Planet Terror (Robert Rodriguez, 2007)
 Diary of  the Dead (G.A. Romero, 2010)

 

4. Image virtuelle : la réalité en question

La technique permet de rendre désormais imperceptible la retouche et peut même créer ex nihilo une image. La modification génétique de l’image, l’hybridation réel/virtuel, l’image numérique et de synthèse, reposent la question du simulacre, et de la relation qu’entretient le cinéma avec la notion d’empreinte, d’enregistrement, de trace – ce qui au fond questionne la notion de réalité même.

FILMS ÉTUDIÉS :

 La jetée (Chris Marker, 1962)
 ExistenZ (David Cronenberg, 1999)
 Avalon (Mamoru Oshii, 2002)
 Gravity (Alfonso Cuarón, 2013)

 

5. Subjectivité numérique :

le cinéma à la première personne

Les films en caméra subjective se multiplient, grâce aux caméras électroniques légères et maniables. En quoi la technique permet-elle de nouveaux types de récits, et de nouveaux moyens d’expression ?

FILMS ÉTUDIÉS :

 Rec (1 & 2, Paco Plaza et Jaume Balagueró, 2008)
 Cloverfield (Matt Reeves, 2008)
 Irène (Alain Cavalier, 2009)
 Paranormal activity (Oren Peli, 2009)
 Snow on tha Bluff (Damon Russell, 2012)
 Hardcore Henry (Ilya Naishulle, 2016)

 

 

 

 

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- chaque thème ou film peut constituer une conférence indépendante -

 

 

 +++ infos / conditions

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Alfred Jarry (documentaire, 1995)

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