Cycle « Penser le cinéma »

Penser le cinéma (&) avec le cinéma

ce cycle a été diffusé durant deux années au sein de l’Université Lyon 2 (2014/2016)  et Université Lyon 3 (2016-2017)

opérateur train

 

Ce cycle explore la spécificité de l’expérience spectatorielle au cinéma ; il étudie ainsi comment le cinéma se pense à travers lui-même. Les œuvres abordées sont choisies pour leur potentiel à développer des formes d’auto-réflexivité, un contenu autoréférentiel, dont le fond ou la forme sont le support d’une réflexion sur l’art cinématographique. Des films qui, au-delà du récit sèment des indices (par des formes détournées ou polysémiques, des figures métaphoriques ou des images habilement évocatrices) qui obligent à explorer ses procédés, son origine ou son devenir.

Chaque conférence se fonde sur l’analyse croisée de plusieurs films, à travers les visionnages commentés de différentes séquences. Aucune catégorie ou type ne sont exclus (fiction, documentaire, expérimental), ni aucun genre. L’objet filmique est considéré comme une surface à déplier pour interroger le cinéma  autour de trois problématiques :

  • les fondements  techniques et esthétiques de l’écriture cinématographique
  • la ressemblance manifeste entre dispositif filmique et fonctionnement psychique (perception, rêve, mémoire…)
  • le devenir du cinéma, à travers les mutations qui s’opèrent par le passage au numérique

 

Sonder l’expérience du spectateur
Ausculter la fabrique du regard filmique
Voir quelle forme de pensée invente l’expérience non-verbale du film

– ou simplement découvrir le plaisir de réfléchir avec le cinéma

 

 

THÈMES :

 

conference 1Cinéma & montage en question :

Qu’est-ce que le plan ? Le montage ? L’origine de cette pratique inédite que le cinéma a inventée, questionne cette notion qui fonde la modernité. Depuis les premiers films Lumière, aux avant-gardes russes et européennes, à Hitchcock et Alfonso Cuaron.

 

 

 

Figures cinégéniques

Représentations des origines, figures cinégéniques : le cinéma se cherche dans son histoire
La conférence étudie comment les figures du train et du cheval (à travers des œuvres des frères Lumière, Quentin Tarantino, Tarsem Singh, J.E. Marey, Jean Mitry) sont devenues des archétypes cinématographiques.

 

 

conference 3Polar, criminalistique, mémoire : image indice/index
C
omment le cinéma de genre polar (thriller, film noir, etc…) met en scène l’image comme trace (résidu de réalité ou mémoire) pour accéder à une vérité, qui se révèle souvent précaire et problématique. Les films étudiés, Minority report (Steven Spielberg), Twisted (Philip Kaufman), Femme fatale (Brian de Palma), Memento (Christopher Nolan) interrogent également le potentiel de l’image-indice et de l’image-mémoire dans leurs usages actuels, notamment numériques.

 

Oeil augmentéL’œil augmenté : la question du regard à travers le cinéma de SF
2001 l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick), Andromeda strain (Robert Wise), Blade runner (Ridley Scott)
Dans la continuité de la pensée mécaniste du XIXème siècle le cinéma fut aussitôt envisagé comme une prothèse de vision – remède à la faillibilité et la subjectivité de la vue, espoir de révéler le réel par cet « œil mécanique » (Vertov). Plus qu’une nouvelle perception, l’écriture cinématographique inventa au fond un nouveau regard.

 

le_film_qui_troue_la_realiteLe film qui troue la réalité : réalité en question / cinéma en perspective
La jetée (Chris Marker), Avalon (Mamoru Oshii), ExistenZ (David Cronenberg)
En prétendant enregistrer la réalité, le cinéma questionne d’emblée ce qui la fonde. De la caméra décomposant l’espace en intervalles au montage qui reconstruit du temps, du projecteur créant l’illusion de mouvement à la salle obscure qui ressemble à la caverne de Platon, le cinéma semble sonder la trame du monde. Désormais l’hybridation réel/virtuel, l’image numérique et de synthèse, reposent la question du simulacre, et de la relation qu’entretient le cinéma avec la réalité.

 

proue_Conf_6L’expérience du film : rêve, hypnose, labyrinthe & apesanteur
Le mystère des roches de Kador (Léonce Perret), Dr Mabuse (Fritz Lang) Inception (Christopher Nolan), 2001 l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick)

L’image cinéma ressemble à celle du rêve ; et le magnétisme, la fascination qu’exerce le film ont souvent été comparés à l’état hypnotique. En interrogeant l’apparente similitude entre fonctionnement psychique et dispositif cinéma, cette conférence explore l’expérience du spectateur face au film.

 

conference_UTA-7Quand le cinéma pense la vidéo
Videodrome (David Cronenberg), La guerre des mondes (Byron Haskin), Double take (Johan Grimonprez), Robocop (P.Verhoeven), Ringu (Hideo Nakata)

Au milieu du XXème siècle la vidéo, avec la télévision, envahit les foyers et très vite tout le champ social et culturel. L’image-mouvement du cinéma (photochimique, ritualisée, géante) a désormais une autre nature, électronique, petite et intime, qui réforme les conventions de regard et d’écriture, transforme l’expérience du spectateur. Hésitant entre fascination et répulsion, le cinéma n’aura de cesse d’examiner ce nouveau medium, pressentant qu’il bouleversera bientôt son existence.

 

chair_de_l_imageLa chair de l’image :
le cinéma de genre ausculte son passage au numérique
(Q.Tarantino, R.Rodriguez, G.A.Romero, Z.Snyder)

Tout film de fantôme énonce le pouvoir du cinéma : faire revivre les morts. La figure du zombie (seul mythe moderne selon Deleuze et Guattari), corps réduit au mécanisme mobile, renvoie à l’illusion de mouvement du dispositif cinéma. Aujourd’hui certains films utilisent cette figure pour penser la mutation numérique. Cette conférence examine la corporéité de l’image cinéma, les potentialités picturales et expressives du celluloïd désormais reformées par l’image numérique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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